Le parc Forecourt et la cour d'école qui n'en est pas une
Au Cœur d'Ottawa emménage au Deschâtelets en janvier 2027. Le parc devant l'école se dessine maintenant, et la Ville n'a pas encore publié de compte rendu de sa consultation.

En janvier 2027, l'École élémentaire catholique Au Cœur d'Ottawa quittera le 88, rue Main pour s'installer dans le bâtiment Deschâtelets, à Old Ottawa East. C'est une bonne nouvelle, et il faut la dire comme telle : un édifice patrimonial de 140 ans rendu à un usage public, et une école de langue française installée pour de bon dans un quartier où étudier en français suppose encore de se déplacer.
Il reste une question à régler avant l'ouverture, et elle se décide maintenant : où ces enfants iront-ils jouer?
Ce que le CECCE aménage
Le conseil aménage dans le bâtiment 489 places-élèves et 39 places en garderie — 15 pour les bambins et 24 pour les préscolaires. Un gymnase est construit en collaboration avec la Ville d'Ottawa : les élèves l'utiliseront pendant les heures de classe, le public en dehors. Un centre communautaire géré par la Ville occupera un étage du bâtiment existant.
En décembre 2025, le CECCE annonçait 21,2 M$ pour ces travaux — 19,3 M$ de l'Ontario et 1,9 M$ du programme Canada-Ontario — après une première tranche de 5,7 M$ en 2020. L'occupation est prévue pour janvier 2027.
Le parc se décide avant l'arrivée de l'école
Devant le bâtiment, au 325, avenue Deschâtelets, la Ville conçoit le parc Forecourt. Le concept préliminaire a été publié sur Engage Ottawa, et une séance d'engagement public s'est tenue le lundi 22 juin 2026, de 19 h à 21 h, à l'Old Town Hall du 61, rue Main.
La Ville décrit un aménagement qui s'accorde à son cadre culturel, respecte son caractère patrimonial, et préserve et améliore les liens avec les bâtiments voisins et les rues environnantes. C'est une intention parfaitement légitime, et c'est un beau projet de quartier.
Ce que le calendrier ajoute, c'est une école qui emménage quelques mois plus tard, devant ce même parc. La Ville le sait : sa propre page de projet décrit le bâtiment Deschâtelets comme devant abriter la future école élémentaire catholique et le centre communautaire municipal. Le parc se décide d'abord, l'école arrive après. C'est l'ordre inverse de celui qu'il faudrait.
Une cour d'école ne s'improvise pas
Une précision d'abord, parce qu'elle est importante : 489 places-élèves, c'est une capacité, pas un nombre d'inscriptions le jour de la rentrée. Mais c'est le bon ordre de grandeur à avoir en tête — des centaines d'enfants qui sortent en récréation deux fois par jour, dans un espace public qui n'a pas été conçu pour les recevoir.
Je ne demande pas qu'on réserve le parc à l'école. C'est un lieu public, et le quartier y a droit autant que nos élèves. Je demande que la conception tienne compte des deux usages pendant qu'elle est encore ouverte : des lignes de vue qui rendent la surveillance possible, une aire de jeu définie, des surfaces et des plantations qui résistent à cet usage, et une entente claire sur la supervision et la responsabilité. Tout cela coûte beaucoup moins cher maintenant qu'une fois le béton coulé.
J'ajoute tout de suite la réserve qui s'impose, parce qu'elle est juste. Le gymnase partagé montre que la Ville et le CECCE savent concevoir et gérer ensemble un espace sur ce site. Mais un gymnase se réserve à l'heure, se ferme à clé et n'accueille qu'un groupe à la fois; un parc n'a ni porte ni horaire, et il demeure public pendant que les enfants sont dehors. On ne peut pas y transposer le même partage. Ce que le gymnase prouve est plus modeste, et c'est suffisant : la relation et le mécanisme existent déjà.
Le dossier est encore ouvert
Au moment d'écrire ces lignes, la Ville n'a pas publié de compte rendu de la séance du 22 juin. Le seul document affiché dans la page du projet demeure le concept préliminaire. Je ne prête donc aucune conclusion à cette soirée : je ne sais pas ce qui s'y est dit, et je ne vais pas l'inventer.
Ce que je sais, c'est que le plan n'est pas arrêté. C'est maintenant que les commentaires comptent, pas en 2027. Si vous habitez Old Ottawa East, le Glebe ou Ottawa-Sud, la page Engage Ottawa du parc Forecourt accueille toujours les commentaires. Dites-y ce que vous voulez pour ce parc — y compris ce dont une école de cette taille aura besoin.
Ce qu'un conseiller scolaire peut faire, et ce qu'il ne peut pas
Je suis clair sur les limites du poste : un conseiller scolaire n'a aucune autorité sur les parcs municipaux. Il ne décide ni le tracé, ni les plantations, ni le budget de la Ville.
Ce qu'il peut faire, c'est veiller à ce que le conseil scolaire soit à la table pendant que le plan se décide plutôt qu'après, et porter la question au nom des familles qui n'ont ni le temps ni le vocabulaire administratif pour suivre une consultation municipale. C'est un travail modeste et il se fait maintenant.
Et c'est là que votre désignation de soutien scolaire entre en jeu. En Ontario, elle est publique de langue anglaise par défaut. Elle ne change pas le montant de votre taxe scolaire — même facture, même montant. Elle décide qui a le droit de choisir les personnes qui siègent à la table du CECCE. L'élection scolaire a lieu le 26 octobre 2026, et vous pouvez vérifier votre inscription dès aujourd'hui avec le service officiel S'inscrire pour voter.
Sources : CECCE, « Travaux intérieurs lancés à Au Cœur d'Ottawa » (11 décembre 2025); Ville d'Ottawa, Engage Ottawa — Forecourt Park Development; bulletin du quartier Capitale du conseiller Shawn Menard (19 juin 2026).