Ceux qui ne peuvent pas être à la table
David Elisma raconte comment une scène de Festi-Mosaïque lui a rappelé pourquoi il se présente au CECCE, dans le Secteur 6, à l'approche de la rentrée.

La rentrée
La rentrée arrive cette semaine pour certaines familles, la semaine prochaine pour d'autres. Les parents achètent les fournitures en ce moment même. Dans quelques jours, leurs enfants franchiront les portes d'écoles dont l'année a été décidée il y a des mois, pas en classe, pas au bureau du directeur, mais à une table.
C'est là que se règlent le budget, le personnel et les services. C'est là que se vote ce que ces enfants trouveront en entrant.
Samedi, et la même question
Samedi, à Festi-Mosaïque et à d'autres rassemblements communautaires dans le quartier, on m'a posé la même question, encore et encore : « Pourquoi tu te présentes? »
J'avais une réponse prête. Je la donne depuis le début. Je parle du défaut. En Ontario, le soutien scolaire des contribuables francophones est attribué par défaut au conseil scolaire public de langue anglaise. Sans une désignation différente, on ne peut pas voter à l'élection du conseil scolaire catholique de langue française. Alors je dis : allez vérifier votre désignation, inscrivez-vous, brisez le par défaut, pour pouvoir voter le 26 octobre 2026.
C'est vrai. Ça compte. La désignation ne déplace l'argent de personne et ne change pas ce que quiconque paie. Elle confère le droit de vote. C'est un mécanisme, un geste que je demande aux électeurs de poser.
La scène
Au festival multiculturel de Vanier, j'ai prononcé une allocution au nom de la Fondation Colorément Numérique / Colourfully Digital Foundation. En plein milieu, j'ai invité les enfants de la foule à me rejoindre sur la scène. Ils sont montés.
« Regardez cette belle jeunesse. C'est pour eux qu'on est là. »
J'ai dit aussi, au nom de la Fondation : « notre but ultime est de préparer le terrain pour que chacun d'entre eux ait plus tard une vraie place autour des tables décisionnelles où se dessine notre société. »
Le tournant
Pendant quelques secondes, les enfants étaient au premier rang, là où l'on annonce les décisions. Mais la table où se prennent les décisions sur leurs écoles, la table du conseil, la ligne de budget, le vote de politique, est une table sur laquelle aucun enfant ne peut grimper. Personne ne les invite à s'asseoir. Ils sont les seules personnes dans la salle dont tout l'avenir est à l'ordre du jour, et qui n'ont ni siège ni vote.
À la fin de la journée, je savais que la réponse que j'avais donnée toute la journée n'était pas la raison pour laquelle je me présente. Briser le par défaut, c'est ce que j'ai besoin que les électeurs fassent. Ce n'est pas pourquoi je me présente.
Je me présente au CECCE, le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, dans le Secteur 6, parce qu'il y a des gens qui ne peuvent pas être à la table. Nos enfants.
Ce qui qualifie, pas ce qui motive
J'ai passé les six dernières années à construire des programmes parascolaires, et la majeure partie de ma vie à enseigner et à organiser des activités pour des enfants et des jeunes. Deux décennies à planifier pour eux m'ont appris à être utile dans une salle pleine d'enfants.
Rien de tout cela n'est la raison pour laquelle je veux ce siège. C'est ce qui me qualifie pour le tenir correctement. Le travail d'un conseiller scolaire n'est pas de se représenter lui-même. C'est d'être le siège que les enfants n'ont pas.
La rentrée, encore
Quand ils franchiront ces portes, cette semaine ou la semaine prochaine, quelqu'un, à cette table, aurait dû penser à eux. C'est pour cela que je me présente.